|
L’histoire des Forces Libanaises est celle d’un
peuple, d’une patrie…
Elle
est surtout l’histoire de la communauté chrétienne
au Liban, ses peurs et ses gloires, ses espoirs et ses
défaites ; c’est l’histoire de toutes les
batailles – de tous genres -, mais aussi est-elle
une histoire au goût amer !
Les
Forces Libanaises n’ont jamais été une fin en
elles–mêmes, ni un simple produit du hasard
historique ; elles sont la résultante du
concours des circonstances vers la moitié des années
soixante-dix : un réflexe, un mécanisme de défense
face aux menaces intérieures et aux dangers extérieurs…
Le
propre des Forces Libanaises est de ne pas en être
restées là ; au fur et à mesure elles évoluaient,
le contexte changeait et les besoins s’accroissaient
et se diversifiaient : un mouvement de résistance
populaire armée, une institution militaire organisée
et efficace, une nébuleuse d’organismes multi-fonctionnels,
un parti politique fort, représentatif et en pleine
montée en puissance.
Une
vérité reste néanmoins à rappeler : en défendant
le réduit chrétien – pendant la guerre -, les
Forces Libanaises défendaient en fait « tout »
le Liban, sa liberté, son indépendance, sa
souveraineté, ce qui restait de ses institutions étatiques,
et son intégrité territoriale…
Ce
sont ces valeurs qui constituent l’essence même du
projet politique des Forces Libanaises ; ce
programme puise toute sa force légitime dans deux
sources intarissables :
-
Les sacrifices des dizaines de milliers de
partisans et de sympathisants dont les souffrances
et les douleurs font la grandeur et le mérite des
combats menés de quelque nature qu’ils soient ;
les convois des martyrs, des blessés et des
handicapés, des déplacés, des prisonniers, des
exilés, des disparus… les convois dont le
mouvement se perpétue en un va-et-vient
interminable entre l’histoire, la conscience et
la mémoire collectives.
-
L’expression de l’idée politique véhiculée
par les Forces Libanaises – en tant que parti
politique – se trouve dans le modèle de
l’Etat Fédéral, proposé comme une solution au
problème/conflit identitaire inter-libanais. Pour
éviter une guerre civile (avec ou sans ingérences
extérieures) toutes les quelques dizaines d’années,
une approche courageuse s’impose : un régime
politique ne peut être que le reflet de la réalité
historico-socio-culturelle de la (des) communauté
(s) qu’il représente ; à l’image de la
réalité libanaise, ce régime se doit d’être
pluraliste, voire pluriel.
C’est
sans défaitisme ni fatalisme que l’on doit avouer
que cette démarche s’inscrivant à la fois dans
l’action et dans la pensée, a coûté très cher
aux Forces Libanaises ; les sacrifices (précités)
n’avaient et n’ont toujours pas de limites.
Le
commandant en Chef fondateur des Forces Libanaises, Béchir
Gémayel, a été assassiné le 14 septembre 1982,
quelques jours après son élection en tant que président
de la république.
Son
successeur, Samir Geagea, qui a fait des Forces
Libanaises ce qu’elles étaient devenues, a été
arrêté par le régime en place le 21 avril 1994 ;
depuis, il est en internement cellulaire, privé de
ses moindres droits en tant qu’homme et en tant que
prisonnier politique.
C’est
tout un pays qui dérape et qui va à la dérive ;
un pays transformé en une grande geôle où la parole
et la pensée uniques sont érigées en mode de vie ;
un pays qui ne tolère pas la différence, ne supporte
pas l’opposition et ne pardonne pas l’insoumission.
En
reproduction authentique des procès de Moscou, le régime
attribue aux Forces Libanaises la responsabilité de
presque la totalité des crimes de la guerre ; en
effet, elles n’en ont commis qu’un seul :
dire « Non » !
Après
avoir contribué efficacement à la conclusion d’un
accord politique (1990-1991) permettant de mettre un
terme à quinze ans de guerre civile, les Forces
Libanaises – s’auto-démilitarisant et se
transformant en un grand parti politique – n’ont
pas cessé de revendiquer son application et le
respect de son texte et de son esprit.
Cette
action et cette attitude ayant pour objectif une
entente nationale qui soit vraie, solide et viable,
ont valu aux Forces Libanaises le pire châtiment
qu’un régime puisse infliger : dissolution du
parti, incarcération de son chef Samir Geagea,
arrestations massives et
continues parmi les partisans et les
sympathisants, suite interminable de dossiers
judiciaires fabriqués de toutes pièces…
Aujourd’hui,
les compagnons de Samir Geagea continuent de se battre
un peu partout dans le monde, pour faire parvenir leur
message et afin de demander que justice leur soit
rendue, ils ne demandent que la relance, au Liban,
d’une vie politique saine, démocratique, libre et
dans un esprit de respect total des fondements de
l’entente nationale ; pour ce faire, il faudra
impérativement et urgemment commencer par :
I.
Libérer Samir Geagea et ses compagnons.
II.
Réhabiliter politiquement, mais surtout
juridiquement, le parti des Forces Libanaises pour
qu’il puisse reprendre son activité et être de
nouveau dans son rôle national.
III.
Réexaminer les dossiers judiciaires dont les
Forces Libanaises ont été injustement et faussement
inculpés.
|