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Memo Novembre 2000

 

Objet : Mémorandum sur les derniers développements au Liban - Année 2000

Messieurs,

Le Liban tente, en ce moment même, de se refaire. Les  dures épreuves de quinze ans de guerre et de dix ans de dictature camouflée, ne sont rien en regard des efforts qui nous sont demandés aujourd'hui pour libérer le Liban des derniers occupants afin qu'il retrouve son identité, sa souveraineté et son indépendance.

Les Forces Libanaises fidèles à sa raison d'être, veut ce mémorandum un document qui porte à la fois:
1- Son point de vue relatif aux derniers développements au Liban.
2- Son soutien aux voix libres qui commencent à s'élever.
3- Sa réponse contre le complot du silence et du mensonge.

Le Liban-Sud

Le Liban s'est battu pendant 22 ans pour obtenir l'application de la résolution 425, et une fois appliquée les autorités libanaises ne veulent plus assumer leur responsabilité tout simplement parce que la Syrie a été prise de court par la décision israélienne.

Dans un premier temps, le Liban et la Syrie ont mis en garde l'Onu contre ce retrait, et dans un mémorandum en huit points adressé au secrétaire général de l'Onu, le président de la République libanaise, le général Emile Lahoud, a développé une série d'arguments illogiques encourageant Israël à ne pas se retirer, ce mémorandum demande, par exemple, à la Finul de désarmer les camps palestiniens alors qu'il n'en existe aucun dans sa zone d'opérations et que la résolution 425 ne lui donne pas mandat pour accomplir une telle mission.

Aujourd'hui, après cinq mois du retrait israélien, les autorités libanaises ne respectent pas leurs engagements internationaux et n'accomplissent pas leurs devoirs vis-à-vis de leurs concitoyens. D'ailleurs le rapport général du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan sur la Finul publié au début du mois courant a exhorté le gouvernement libanais à prendre le contrôle des régions du Liban-Sud dont Israël s'est retiré en mai dernier.

C'est à juste titre que le rapport parle de dangereuses provocations qui peuvent coûter au Liban le prix de redevenir une zone de conflit, et pas nécessairement la seule.

En approuvant chaque lettre du rapport Annan, nous condamnons le mutisme des autorités libanaises face aux exactions palestiniennes et aux provocations continuelles du Hezbollah tout le long de la ligne bleue, en effet, l'enlèvement des trois militaires israéliens le 7 octobre dernier constitue une violation de la résolution 425 et des accords conclus avec les Nations Unies et transforme le Liban en agresseur, le privant ainsi de tout appui international. Cet enlèvement accorde aussi à Israël un prétexte pour une éventuelle agression contre le Liban.

Nous réclamons, une fois de plus, le déploiement de l'armée dans les régions évacuées afin qu'elle seule y instaure la sécurité et la stabilité, et nous invitons également l'Etat à encourager les Libanais qui se sont réfugiés en Israël à revenir et à assurer la survie des familles du Liban-Sud.

Les Elections Législatives 2000

Si, de l'avis de certains, une amélioration sensible est à noter au niveau du dépouillement des bulletins de vote et de l'annonce des résultats par rapport aux élections de 1992 et 1996, il n'en reste pas moins que ni la démocratie, ni les droits de l'homme, ni la représentativité, exigence suprême de la loi électorale, n'ont été respectés.

1- Le découpage administratif des circonscriptions n'a pas garanti une bonne représentativité populaire, dans des circonscriptions du Liban-Nord par exemple, les électeurs ont voté pour des candidats qu'ils ne connaissaient pas. Les chrétiens n'élisent effectivement que 15% de leurs représentants. Les candidats arméniens de Beyrouth ont été élus par les voix sunnites, même chose pour les députés chrétiens du Liban-Sud élus par les voix chiites.

2- Les irrégularités ont été faites avant le jour du scrutin, il y a eu des pressions et des violations étudiées, savamment préparées, les services de renseignements libanais et syriens sont intervenus à différents niveaux dans la formation des listes, en empêchant certaines alliances électorales ou en les imposant, en parachutant certains candidats dans des circonscriptions dans des buts électoraux.

3- L'attitude désinvolte, adoptée par la République (Exécutif et Législatif confondus) vis-à-vis d'un arrêt rendu par la précédente formation du Conseil constitutionnel en date du 7 août 1996. Cet arrêt avait invalidé une des dispositions de la loi électorale du 11 juillet 1996, celle qui, en son article cinquième, gratifiait le mandat parlementaire, traditionnellement quadriennal depuis l'avènement de la Constitution libanaise en 1926, d'une prolongation soudaine de huit mois. La grande déception fut de voir la loi électorale nouvelle, parue le 6 janvier 2000, défier en son article premier les effets de l'arrêt du 7 août 1996 et d'adjuger une prolongation nouvelle au nouveau mandat parlementaire au-delà de la période quadriennale pour s'assurer que le nouveau parlement puisse élire le président de la République en l'an 2004.

Pour toutes ces raisons, les Forces Libanaises ont appelé avec d'autres partis libanais (PNL et CNL) au boycott des élections législatives, ce boycott a atteint son but et s'est traduit par une participation très réduite à Beyrouth, dans les régions évacuées du Liban-Sud, à Jezzine, Baabda, Aley et Bécharré. Quant à la participation élevée dans certaines autres régions, elle n'est due qu'à la multiplicité des candidats, à l'usage flagrant de l'argent dans une société appauvrie, tout cela sans parler des naturalisés qui ont été conduits aux urnes pour voter de manière honteuse aux candidats pro-syriens.

Les Forces Libanaises continuent à exiger la tenue de nouvelles élections démocratiques, dans des conditions normales loin de toute influence étrangère, en adoptant les petites circonscriptions et une loi électorale juste et équitable.


L'appel de l'assemblée des évêques maronites du 20 septembre 2000

Si une équivoque subsistait encore, le dernier appel de Bkerké aura suffi à la dissiper. Dans le système libanais, on ne saurait assez dire l'importance morale de cet appel. La teneur de cet appel repose sur des principes et des constantes qui bénéficient d'un soutien national quasi unanime. Cet appel a mis en relief, en toute objectivité, la situation alarmante dans laquelle se trouve le pays, de même qu'il a reflété la volonté de tous les Libanais de sortir de la situation dans laquelle ils se débattent.

La teneur de l'appel de Bkerké devrait servir de document de travail à un vrai dialogue national, un tel ordre du jour devrait permettre aux libanais d'exprimer leurs aspirations à une patrie libre, souveraine et indépendante. Quels que soient les fondements du dialogue national, il est nécessaire en toute priorité de lancer une opération urgente de salut qui constituerait, d'abord à poser sans détours les grands problèmes nationaux auxquels fait face le pays, notamment l'occupation syrienne du Liban.

Le ministre français de la Défense Alain Richard avait le courage de mettre les points sur les "i" en déclarant en avril dernier " Ce que je redoute - pour dire les choses très franchement - c'est que le pouvoir syrien compte parmi ses atouts principaux d'avoir la domination sur le Liban. Par conséquent, toute solution, même lui rendant son intégrité territoriale, mais qui aboutirait à remettre en cause sa domination sur le Liban ne lui convient pas".

Pour les Libanais, l'ingérence syrienne n'est pas un secret. Elle intervient dans tous les domaines. Il faudrait être aveugle pour ne pas s'en apercevoir : La Syrie nomme le président de la République, choisit les candidats aux législatives, participe à la formation du gouvernement, choisit les officiers supérieurs de l'armée libanaise et les chefs des services de renseignements.

La présence économique syrienne au Liban est un véritable racket. Comment on peut expliquer que des officiers syriens servant au Liban puissent se payer de somptueuses villas avec jacuzzis alors que leur solde ne dépasse pas 120 dollars par mois? Impossible de remporter le moindre marché public au Liban sans verser des pots-de-vin à des Syriens qui sont de mèche avec des hommes politiques libanais. On a vu des autoroutes coûter jusqu'à dix fois plus cher à construire dans un sens que dans l'autre, tout cela parce que le contrat en question avait été remporté par des entreprises syriennes au travers de sociétés écrans libanaises. Des centaines de milliers de travailleurs syriens assaillissent le marché de travail au Liban, alors que le taux de chômage au Liban est de 20%, et c'est, en tout cas, la première fois dans l'histoire qu'un conquérant dépend de l'économie du pays conquis.

A vrai dire la Syrie ne veut en aucun cas se retirer du Liban, le vice-président syrien Abdel Halim Khaddam a radicalement tranché la question en déclarant : " Nos forces ont pénétré au Liban sans solliciter la permission de personne et en sortiront de même".
Preuve est, au sommet arabe de Fès en 1982, le président Elias Sarkis a officiellement prié la Syrie de retirer ses troupes comme l'avaient déjà fait les autres pays contribuant à ce que l'on appelait la Force de dissuation arabe. Dans une note au sommet, le chef de l'Etat soulignait que le Liban devait étendre son autorité sur l'ensemble de son territoire par le truchement de ses seules forces propres. Bien entendu, il n'en a rien été.

L'année suivante le président Gemayel adressait au secrétariat général de la Ligue Arabe une note réitérant l'appel du Liban au retrait de toutes les forces étrangères, document dont une copie a été adressée au président Hafez el-Assad, assortie d'un souhait de voir ce dernier donner ses ordres sans tarder pour un retrait syrien. Pas de réponse.
Et ainsi de suite, le rappel englobant les démarches similaires du général Aoun quand il se trouvait à Baabda ainsi que le rapport du comité tripartite arabe évoquant un retrait dans un délai de six mois pour arriver à la solution du redéploiement au bout de deux ans adoptée à Taëf. Décision superbement restée lettre morte, comme on ne le sait que trop.

"Retrait syrien ou disparition du Liban", il s'agit d'une équation claire et précise qui nécessite une action directe en faveur de l'application des accords de Taëf et de la résolution 520 du conseil de la sécurité.

Samir Geagea et le lourd tribu

Samir Geagea, Commandant en Chef des Forces Libanaises, est parmi ceux qui ont dit "Non" à l'occupation syrienne du Liban. Incarcéré depuis le 21 avril 1994 en internement cellulaire au troisième sous-sol du ministère de la défense, il est privé d'air frais, de soleil, de sortie régulière, de lecture politique, d'informations (médias), de soins médicaux…

Samir Geagea n'a jamais pu s'entretenir librement avec son épouse ni communiquer librement avec ses avocats. Mais, depuis le 14 septembre 2000 la situation a empiré :

Me. Edmond Naïm, l'un des principaux des Forces Libanaises, Samir Geagea, a adressé au procureur général de la République, Adnane Addoum, une note dans laquelle il dénonce le fait que Mme. Sethrida Geagea est empêchée depuis le 14 septembre 2000 de s'entretenir avec son époux de la conjoncture politique dans le pays ou de questions juridiques en rapport avec le projet d'amnistie en gestation afin d'accélérer sa libération.
" Tout homme a sa dignité et vous êtes le premier à respecter cette dignité, souligne notamment Me. Naïm à l'adresse du procureur général. M. Samir Geagea a sa dignité, de même que son épouse. Ce n'est pas parce que M. Samir Geagea a été condamné par la justice qu'il faudrait l'empêcher, comme c'est le cas depuis deux semaines, d'être informé par son épouse de la situation dans le pays ". Me Naïm souligne sur ce plan que " la Constitution et la Charte des droits de l'homme, reconnue par l'Etat libanais, mettent l'accent sur le droit à l'expression de son point de vue, même pour une personne privée de sa liberté de circulation. L'emprisonnement signifie que le condamné est privé, uniquement, de la liberté de circuler et non pas de la liberté d'expression. Les geôliers de M. Geagea au ministère de la Défense pensent le contraire. Ils ont demandé récemment à son épouse de ne pas évoquer avec lui la situation politique dans le pays ".
Et Me Naïm d'ajouter : " L'épouse de M. Geagea lui rend visite deux fois par semaine, chaque mardi et chaque jeudi. Vous avez fixé à une demi-heure la durée de la rencontre les mardis et à une heure les jeudis. Or les responsables de la prison ne respectent pas vos directives. La rencontre de mardi est en effet limitée à quinze minutes au lieu d'une demi-heure, et à vingt minutes au lieu d'une heure les jeudis. Les responsables de la prison insistent auprès de son épouse pour qu'elle n'évoque pas avec lui les affaires politiques ni les questions juridiques en rapport avec le projet d'amnistie ". Précisant que ce durcissement dans le traitement imposé à M. Geagea dure depuis le 14 septembre dernier, Me Naïm invite M. Addoum à intervenir auprès des responsables de la prison de Yarzé pour qu'ils prennent conscience du fait que " les pays évolués respectent tout individu, quelle que soit sa condition, qu'il soit libre ou en prison, riche ou pauvre, croyant ou athée ".

Me. Naïm a d'autre part adressé au Conseil de l'Ordre des avocats de Beyrouth une note dans laquelle il proteste contre le fait qu'il n'est pas en mesure de conférer librement, autant qu'il le désire, avec son client. Dans sa note, Me. Naïm a rappelé à ce sujet les termes du décret du 17 janvier 1995 réglementant la gestion des prisons. Le décret en question stipule clairement, souligne Me. Naïm, que l'avocat a le droit de rencontrer autant qu'il le souhaite son client, même en l'absence d'un garde de la prison, si le condamné ou l'avocat en formule le désir. " Depuis que j'assure la défense de M. Samir Geagea, a souligné Me. Naïm, je n'ai pas pu conférer avec lui plus de deux heures, ce qui est contraire à l'article 51 du décret susmentionné ". Me. Naïm précise sur ce plan qu'il a préparé un projet de loi amnistiant M. Geagea, mais il n'a pas été autorisé à discuter de texte plus d'une demi-heure avec son client, ce qui est contraire aux lois en vigueur. De surcroît, le texte de ce projet de loi n'a pas été remis à M. Geagea, ce qui constitue une violation des conventions internationales, souligne Me. Naïm. En conclusion Me. Naïm a protesté également contre le fait que les avocats qui se rendent au ministère de la Défense pour rencontrer leurs clients détenus à Yarzé sont forcés d'attendre longtemps " debout ou en voiture, sous le soleil ou sous la pluie, avant d'être autorisés à conférer avec leurs clients ".

Pourtant, de tous les horizons, des voix se sont élevées pour réclamer la libération de Samir Geagea :

Le député Walid Joumblatt (Druze du Chouf, Chef du PSP), le député Nassib Lahoud (Maronite, du Metn), le député Ghattas Khoury (Maronite, de Beyrouth, président de l'Ordre des Médecins), le député sortant Jamil Chammas (Syriaque Orthodoxe, de Beyrouth) la Ligue Maronite, le député Albert Moukheiber (Grec Orthodoxe, du Metn), le député Mikhaël Daher (Maronite, de Akkar), le député Maurice Fadel (Grec Orthodoxe, de Tripoli), le député Akram Chehayeb (Druze, de Aley, responsable PSP), le député Salah Honein (Maronite, de Baabda), le député Fares Souaïd (Maronite, de Jbeil), le député Michel Pharaon (Grec Catholique, de Beyrouth), le député Abbas Hachem (Chiite, de Jbeil), le député Farid Al Khazen (Maronite, de Kesrouan), le député Boutros Harb (Maronite, du Batroun), Fouad Boutros (Ancien ministre), Georges Hawi (Ancien Secrétaire Général du Parti Communiste Libanais), Ghassan Salamé (Ministre de la Culture), Ziad Rahbani (Artiste), Edmond Saab (Journaliste - An Nahar), Samir Kassir (Journaliste - An Nahar), Mohammad Abi-Samra (Journaliste - An Nahar), Bilal Khbeiz (Journaliste - An Nahar), Jalal Khoury (Artiste), Oussama Rahbani (Artiste), Ghassan Rahbani (Artiste), Elias Khoury (Journaliste - An Nahar), Abdelwahab Badrakhan (Journaliste - Al Hayat), Sateh Nourreddine (Journaliste - As Safir), Wael Kheir (Activiste - Droits de l'Homme), Samir Frangieh (Homme Politique), Simon Karam (Ancien ambassadeur du Liban aux EU), Nahla Chahal (Journaliste - Al Hayat)...

"ça", la démocratie?

Au Liban, commomérer les martyrs est interdit, en effet, depuis la messe célébrée à Achrafieh le 14 septembre dernier à la mémoire du Président Béchir Gemayel et ses compagnons et celle célébrée à Mayfouk (Jbeil) le 17 septembre dernier à la mémoire des martyrs des Forces Libanaises, les arrestations et les interpellations dans les rangs des Forces Libanaises n'ont cessé d'augmenter dans toutes les régions du Liban. Nous citons les noms suivants à titre d'exemple :

Nehmé Sarkis Nemr, Joseph Philippe Ghreichi, Milad Youssef Tawk, Ghandi Hanna Rahmé, Charbel Boutros Imad, Toni Joseph Kayrouz, Charbel Youssef Tawk, Farah Hadchity, Tony Said Tawk, Ghazi Geagea, Charbel Eid, Semaan Sarkis, Tannous Eid, Joseph Ishak, Daniel Bou Chaiban, Georges Zeina, Nabil Geagea, Emile Chebli, Marwan Moubarak, Paul El Chaer, Carlos Ishak, Saliba Sakr, Milad Assaf, Raymond Succar,Nabil Abou Chakra, Pierre Boulos, Ramzi Irani, Georges Kaddis, Toni Merheb, Leba Merheb, Toni Gebara, Youssef Dib, Leba Sayed, Elie Touma, Chawki Karam, Paul Sfeir, Soubhi Andari, Freddie Keyrouz, Charbel Zeina Rahmé, Charbel Boulos, Charbel Nakhoul, Sleiman Chidiac, Elie Khalifé, Fadi Abdessater, Nidal Maroun, Toni Hani, Toni Hbeiter, Georges Hbeiter, Georges Dib Geagea, Sarkis Sakr, Ziad Khoury, Boulos Nouh, Raymond Wadi, Sarkis Hachem, Michel Fares, Boutros Boutros, Elie Touma Farah, Joseph Abdo, Georges Alam, Béchara Tawk, Pierre Karim, Vincent Sippo, Eddie Abillamah, Garo Losararian, Fady Chamati, Charbel Abi Akl, Salman Samaha, Fady Sayegh, Tony Sayegh, Michel Sippo, Fares Traboulsi, Raphael Abboud, Dany Mizher, Tony Salamoun, Wael Nahas, Jawad Daou, Chadi Aoun, Emile Moukarzel, Elie Abdo, Pierre Adam, Chamoun Fayad, Elie Tarantic et Ghassan Azouz, Toni Jalkh, Ibrahim Dik, Dani Gholam, Rodni Assouad, Roni Dagher, Maher Nassar, Elie Jannine, Elie Makhoul, Toufic Ferzli, Bachir Tamer, Sabeh Harb, Georges Chidiac, Roger Kouyoumjian, Jo Fakhri, Youssef Touma Fakhri et Milad Succar.

Le plus grand souci des autorités libanaises est de réprimer les opposants libanais et de traquer les militants sans autre chef d'accusation que leur appartenance politique. Les services de renseignements incitent les militants à s'engager par écrit à cesser toute activité après leur interpellation, ces agissements policiers vont à l'encontre de tous les principes et de toutes les lois et n'ont pas leur pareil même dans les Etats totalitaires.

Sur ce, nous demandons à la France d'intervenir rapidement pour mettre fin à ces exactions et agir auprès des autorités libanaises afin d'arrêter la campagne de répression et d'oppression.

Les détenus Libanais dans les prisons syriennes

Il y a, dans les prisons syriennes, un grand nombre de détenus libanais (168), dont le seul crime est d'avoir foi dans le Liban, d'une manière qui est, sans doute, en contradiction avec certaines croyances et avec la politique syrienne vis-à-vis du Liban. Ces personnes innocentes ont été détenues et emprisonnées par les forces syriennes déployées au Liban, qui ont ainsi outrepassé leurs attributions, à tel point que leur comportement constitue une atteinte flagrante à la souveraineté de l'Etat et de la Justice libanaise, sans oublier que ceci constitue un défi à l'essence du Liban et à sa raison d'être. Il s'est avéré que la foi, au nom de laquelle se poursuit la détention de ceux-ci, se réclame de la considération que l'homme est libre de croire ou de ne pas croire, de changer de croyances, selon ses propres convictions, quand il le veut et de la manière dont il le veut. Il est inutile de rappeler que c'est en vertu de cette liberté que le Liban a vu le jour. Au moment même, où nous estimons étrange cette atteinte à la raison d'être du Liban, nous estimons plus étrange encore le fait qu'on recoure à la violence et à la torture, pour contraindre les gens à modifier leurs opinions politiques, ou pour se venger d'eux, à cause de leurs appartenances politiques. Il y a, en cela, un défi flagrant à toutes les valeurs humaines.


Bien que des mois et des années se soient écoulés, après ces détentions arbitraires, les autorités "libanaises" compétentes, qui se doivent de protéger ces valeurs, n'ont entrepris quoi que ce soit, qui puisse donner à penser qu'elles sont concernées par cette affaire. Au contraire, elles niaient perpétuellement la présence de détenus libanais vivants en Syrie, alors qu'une source officielle syrienne a reconnu depuis un mois la présence de "moins de cinquante" détenus libanais en Syrie.

Les parents de détenus cherchaient à rencontrer le président de la République, le général Emile Lahoud, pour que leur cause soit enfin reconnue officiellement par les autorités libanaises, mais il a refusé de les recevoir jusqu'à présent.

Nous sollicitons, une intervention rapide et déterminante dans cette affaire, de manière à garantir la libération de ces détenus, leur retour dans leur patrie et parmi leurs siens, dans les plus brefs délais possibles.

Le nouveau gouvernement libanais

Le processus de formation du Cabinet s'inscrit dans le même cadre que celui des "prétendues" élections législatives. Il est évident que chaque ministrable a besoin de l'approbation de Damas pour être nommé.

D'autre part le gouvernement Hariri n'est ni un gouvernement de reconciliation nationale, ni un gouvernement qui peut établir l'état de droit, preuve est :

- Le retour de Fouad Siniora au ministère des Finances alors qu'il fait toujours l'objet d'une enquête judiciaire pour dilapidation de fonds publics.
- La transmission d'un ministère de père en fils, notamment au niveau du ministère de l'intérieur avec la nomination de Elias Murr fils de Michel Murr.
- La formation d'un cabinet élargi de 30 ministres (bientôt 32) pour doser le partage des portefeuilles entre le président de la République, le premier ministre et le président de l'assemblée.
- L'absence totale de représentativité politique chrétienne que ce soit au niveau des partis (FL, PNL, CNL, BN, Kataëb...) ou au niveau des personnalités politiques indépendantes (Nassib Lahoud, Fouad Boutros, ....).
- La nomination de Ali Kanso ( Chef du PSNS) comme ministre de travail et de Abdelrahim Mrad (Union Socialiste Arabe) comme ministre de l'Enseignement supérieur a une grande signification notamment pour faciliter les formalités aux travailleurs et étudiants syriens.

Messieurs,

La présidence française de l'UE est un atout pour le Liban, Paris ne doit épargner aucun effort pour donner à cette présidence française toute la dimension qu'elle mérite et toutes les chances de succès.

Dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen, la France peut agir sur les différents axes suivants:

1- Demander au Liban de mettre en application les recommandations du rapport général du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan sur la Finul, sous peine de reconfigurer la présence des Nations Unies au Liban-Sud.
2- Mettre en application le programme MEDA Démocratie en exigeant des autorités Libanaises et Syriennes de développer et de consolider la démocratie, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ceci se traduit notamment par:
a-La libération de Samir Geagea et ses compagnons.
b-La réhabilitation politique et juridique du parti des Forces Libanaises et la reprise de son activité politique et son rôle national.
c-La libération des prisonniers libanais en syrie.
d-Le retour de tous leaders politiques au Liban.
e-L'arrêt définitif de la campagne d'arrestations et d'interpellations menée contre les opposants.
f-La formation d'un véritable gouvernement d'union nationale qui n'exclut aucun parti.

Messieurs,

Nous avons résisté de nombreuses années, où nous avons affronté les épreuves, les ennemis, qui convoitaient notre terre, et ceux, qui étaient déterminés à liquider notre civilisation. Nous persévèrerons dans notre résistance, forts de la légitimité de notre cause et du soutien des amis du Liban.

 


 

 

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