Objet
: Mémorandum sur les derniers développements au
Liban - Année 2000
Messieurs,
Le Liban
tente, en ce moment même, de se refaire. Les dures épreuves
de quinze ans de guerre et de dix ans de dictature
camouflée, ne sont rien en regard des efforts qui
nous sont demandés aujourd'hui pour libérer le Liban
des derniers occupants afin qu'il retrouve son identité,
sa souveraineté et son indépendance.
Les
Forces Libanaises fidèles à sa raison d'être, veut
ce mémorandum un document qui porte à la fois:
1- Son point de vue relatif aux derniers développements
au Liban.
2- Son soutien aux voix libres qui commencent à s'élever.
3- Sa réponse contre le complot du silence et du
mensonge.
Le Liban-Sud
Le Liban
s'est battu pendant 22 ans pour obtenir l'application
de la résolution 425, et une fois appliquée les
autorités libanaises ne veulent plus assumer leur
responsabilité tout simplement parce que la Syrie a
été prise de court par la décision israélienne.
Dans un
premier temps, le Liban et la Syrie ont mis en garde
l'Onu contre ce retrait, et dans un mémorandum en
huit points adressé au secrétaire général de l'Onu,
le président de la République libanaise, le général
Emile Lahoud, a développé une série d'arguments
illogiques encourageant Israël à ne pas se retirer,
ce mémorandum demande, par exemple, à la Finul de désarmer
les camps palestiniens alors qu'il n'en existe aucun
dans sa zone d'opérations et que la résolution 425
ne lui donne pas mandat pour accomplir une telle
mission.
Aujourd'hui,
après cinq mois du retrait israélien, les autorités
libanaises ne respectent pas leurs engagements
internationaux et n'accomplissent pas leurs devoirs
vis-à-vis de leurs concitoyens. D'ailleurs le rapport
général du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan
sur la Finul publié au début du mois courant a
exhorté le gouvernement libanais à prendre le contrôle
des régions du Liban-Sud dont Israël s'est retiré
en mai dernier.
C'est à
juste titre que le rapport parle de dangereuses
provocations qui peuvent coûter au Liban le prix de
redevenir une zone de conflit, et pas nécessairement
la seule.
En
approuvant chaque lettre du rapport Annan, nous
condamnons le mutisme des autorités libanaises face
aux exactions palestiniennes et aux provocations
continuelles du Hezbollah tout le long de la ligne
bleue, en effet, l'enlèvement des trois militaires
israéliens le 7 octobre dernier constitue une
violation de la résolution 425 et des accords conclus
avec les Nations Unies et transforme le Liban en
agresseur, le privant ainsi de tout appui
international. Cet enlèvement accorde aussi à Israël
un prétexte pour une éventuelle agression contre le
Liban.
Nous réclamons,
une fois de plus, le déploiement de l'armée dans les
régions évacuées afin qu'elle seule y instaure la sécurité
et la stabilité, et nous invitons également l'Etat
à encourager les Libanais qui se sont réfugiés en
Israël à revenir et à assurer la survie des
familles du Liban-Sud.
Les Elections Législatives 2000
Si, de
l'avis de certains, une amélioration sensible est à
noter au niveau du dépouillement des bulletins de
vote et de l'annonce des résultats par rapport aux élections
de 1992 et 1996, il n'en reste pas moins que ni la démocratie,
ni les droits de l'homme, ni la représentativité,
exigence suprême de la loi électorale, n'ont été
respectés.
1- Le découpage
administratif des circonscriptions n'a pas garanti une
bonne représentativité populaire, dans des
circonscriptions du Liban-Nord par exemple, les électeurs
ont voté pour des candidats qu'ils ne connaissaient
pas. Les chrétiens n'élisent effectivement que 15%
de leurs représentants. Les candidats arméniens de
Beyrouth ont été élus par les voix sunnites, même
chose pour les députés chrétiens du Liban-Sud élus
par les voix chiites.
2- Les irrégularités ont été faites avant le jour
du scrutin, il y a eu des pressions et des violations
étudiées, savamment préparées, les services de
renseignements libanais et syriens sont intervenus à
différents niveaux dans la formation des listes, en
empêchant certaines alliances électorales ou en les
imposant, en parachutant certains candidats dans des
circonscriptions dans des buts électoraux.
3- L'attitude désinvolte, adoptée par la République
(Exécutif et Législatif confondus) vis-à-vis d'un
arrêt rendu par la précédente formation du Conseil
constitutionnel en date du 7 août 1996. Cet arrêt
avait invalidé une des dispositions de la loi électorale
du 11 juillet 1996, celle qui, en son article cinquième,
gratifiait le mandat parlementaire, traditionnellement
quadriennal depuis l'avènement de la Constitution
libanaise en 1926, d'une prolongation soudaine de huit
mois. La grande déception fut de voir la loi électorale
nouvelle, parue le 6 janvier 2000, défier en son
article premier les effets de l'arrêt du 7 août 1996
et d'adjuger une prolongation nouvelle au nouveau
mandat parlementaire au-delà de la période
quadriennale pour s'assurer que le nouveau parlement
puisse élire le président de la République en l'an
2004.
Pour
toutes ces raisons, les Forces Libanaises ont appelé
avec d'autres partis libanais (PNL et CNL) au boycott
des élections législatives, ce boycott a atteint son
but et s'est traduit par une participation très réduite
à Beyrouth, dans les régions évacuées du Liban-Sud,
à Jezzine, Baabda, Aley et Bécharré. Quant à la
participation élevée dans certaines autres régions,
elle n'est due qu'à la multiplicité des candidats,
à l'usage flagrant de l'argent dans une société
appauvrie, tout cela sans parler des naturalisés qui
ont été conduits aux urnes pour voter de manière
honteuse aux candidats pro-syriens.
Les
Forces Libanaises continuent à exiger la tenue de
nouvelles élections démocratiques, dans des
conditions normales loin de toute influence étrangère,
en adoptant les petites circonscriptions et une loi électorale
juste et équitable.
L'appel de l'assemblée des évêques maronites du
20 septembre 2000
Si une
équivoque subsistait encore, le dernier appel de
Bkerké aura suffi à la dissiper. Dans le système
libanais, on ne saurait assez dire l'importance morale
de cet appel. La teneur de cet appel repose sur des
principes et des constantes qui bénéficient d'un
soutien national quasi unanime. Cet appel a mis en
relief, en toute objectivité, la situation alarmante
dans laquelle se trouve le pays, de même qu'il a reflété
la volonté de tous les Libanais de sortir de la
situation dans laquelle ils se débattent.
La
teneur de l'appel de Bkerké devrait servir de
document de travail à un vrai dialogue national, un
tel ordre du jour devrait permettre aux libanais
d'exprimer leurs aspirations à une patrie libre,
souveraine et indépendante. Quels que soient les
fondements du dialogue national, il est nécessaire en
toute priorité de lancer une opération urgente de
salut qui constituerait, d'abord à poser sans détours
les grands problèmes nationaux auxquels fait face le
pays, notamment l'occupation syrienne du Liban.
Le
ministre français de la Défense Alain Richard avait
le courage de mettre les points sur les "i"
en déclarant en avril dernier " Ce que je
redoute - pour dire les choses très franchement -
c'est que le pouvoir syrien compte parmi ses atouts
principaux d'avoir la domination sur le Liban. Par
conséquent, toute solution, même lui rendant son intégrité
territoriale, mais qui aboutirait à remettre en cause
sa domination sur le Liban ne lui convient pas".
Pour les
Libanais, l'ingérence syrienne n'est pas un secret.
Elle intervient dans tous les domaines. Il faudrait être
aveugle pour ne pas s'en apercevoir : La Syrie nomme
le président de la République, choisit les candidats
aux législatives, participe à la formation du
gouvernement, choisit les officiers supérieurs de
l'armée libanaise et les chefs des services de
renseignements.
La présence
économique syrienne au Liban est un véritable
racket. Comment on peut expliquer que des officiers
syriens servant au Liban puissent se payer de
somptueuses villas avec jacuzzis alors que leur solde
ne dépasse pas 120 dollars par mois? Impossible de
remporter le moindre marché public au Liban sans
verser des pots-de-vin à des Syriens qui sont de mèche
avec des hommes politiques libanais. On a vu des
autoroutes coûter jusqu'à dix fois plus cher à
construire dans un sens que dans l'autre, tout cela
parce que le contrat en question avait été remporté
par des entreprises syriennes au travers de sociétés
écrans libanaises. Des centaines de milliers de
travailleurs syriens assaillissent le marché de
travail au Liban, alors que le taux de chômage au
Liban est de 20%, et c'est, en tout cas, la première
fois dans l'histoire qu'un conquérant dépend de l'économie
du pays conquis.
A vrai
dire la Syrie ne veut en aucun cas se retirer du Liban,
le vice-président syrien Abdel Halim Khaddam a
radicalement tranché la question en déclarant :
" Nos forces ont pénétré au Liban sans
solliciter la permission de personne et en sortiront
de même".
Preuve est, au sommet arabe de Fès en 1982, le président
Elias Sarkis a officiellement prié la Syrie de
retirer ses troupes comme l'avaient déjà fait les
autres pays contribuant à ce que l'on appelait la
Force de dissuation arabe. Dans une note au sommet, le
chef de l'Etat soulignait que le Liban devait étendre
son autorité sur l'ensemble de son territoire par le
truchement de ses seules forces propres. Bien entendu,
il n'en a rien été.
L'année
suivante le président Gemayel adressait au secrétariat
général de la Ligue Arabe une note réitérant
l'appel du Liban au retrait de toutes les forces étrangères,
document dont une copie a été adressée au président
Hafez el-Assad, assortie d'un souhait de voir ce
dernier donner ses ordres sans tarder pour un retrait
syrien. Pas de réponse.
Et ainsi de suite, le rappel englobant les démarches
similaires du général Aoun quand il se trouvait à
Baabda ainsi que le rapport du comité tripartite
arabe évoquant un retrait dans un délai de six mois
pour arriver à la solution du redéploiement au bout
de deux ans adoptée à Taëf. Décision superbement
restée lettre morte, comme on ne le sait que trop.
"Retrait
syrien ou disparition du Liban", il s'agit d'une
équation claire et précise qui nécessite une action
directe en faveur de l'application des accords de Taëf
et de la résolution 520 du conseil de la sécurité.
Samir
Geagea et le lourd tribu
Samir
Geagea, Commandant en Chef des Forces Libanaises, est
parmi ceux qui ont dit "Non" à l'occupation
syrienne du Liban. Incarcéré depuis le 21 avril 1994
en internement cellulaire au troisième sous-sol du
ministère de la défense, il est privé d'air frais,
de soleil, de sortie régulière, de lecture politique,
d'informations (médias), de soins médicaux…
Samir
Geagea n'a jamais pu s'entretenir librement avec son
épouse ni communiquer librement avec ses avocats.
Mais, depuis le 14 septembre 2000 la situation a empiré
:
Me.
Edmond Naïm, l'un des principaux des Forces
Libanaises, Samir Geagea, a adressé au procureur général
de la République, Adnane Addoum, une note dans
laquelle il dénonce le fait que Mme. Sethrida Geagea
est empêchée depuis le 14 septembre 2000 de
s'entretenir avec son époux de la conjoncture
politique dans le pays ou de questions juridiques en
rapport avec le projet d'amnistie en gestation afin
d'accélérer sa libération.
" Tout homme a sa dignité et vous êtes le
premier à respecter cette dignité, souligne
notamment Me. Naïm à l'adresse du procureur général.
M. Samir Geagea a sa dignité, de même que son épouse.
Ce n'est pas parce que M. Samir Geagea a été condamné
par la justice qu'il faudrait l'empêcher, comme c'est
le cas depuis deux semaines, d'être informé par son
épouse de la situation dans le pays ". Me Naïm
souligne sur ce plan que " la Constitution et la
Charte des droits de l'homme, reconnue par l'Etat
libanais, mettent l'accent sur le droit à
l'expression de son point de vue, même pour une
personne privée de sa liberté de circulation.
L'emprisonnement signifie que le condamné est privé,
uniquement, de la liberté de circuler et non pas de
la liberté d'expression. Les geôliers de M. Geagea
au ministère de la Défense pensent le contraire. Ils
ont demandé récemment à son épouse de ne pas évoquer
avec lui la situation politique dans le pays ".
Et Me Naïm d'ajouter : " L'épouse de M. Geagea
lui rend visite deux fois par semaine, chaque mardi et
chaque jeudi. Vous avez fixé à une demi-heure la durée
de la rencontre les mardis et à une heure les jeudis.
Or les responsables de la prison ne respectent pas vos
directives. La rencontre de mardi est en effet limitée
à quinze minutes au lieu d'une demi-heure, et à
vingt minutes au lieu d'une heure les jeudis. Les
responsables de la prison insistent auprès de son épouse
pour qu'elle n'évoque pas avec lui les affaires
politiques ni les questions juridiques en rapport avec
le projet d'amnistie ". Précisant que ce
durcissement dans le traitement imposé à M. Geagea
dure depuis le 14 septembre dernier, Me Naïm invite
M. Addoum à intervenir auprès des responsables de la
prison de Yarzé pour qu'ils prennent conscience du
fait que " les pays évolués respectent tout
individu, quelle que soit sa condition, qu'il soit
libre ou en prison, riche ou pauvre, croyant ou athée
".
Me. Naïm
a d'autre part adressé au Conseil de l'Ordre des
avocats de Beyrouth une note dans laquelle il proteste
contre le fait qu'il n'est pas en mesure de conférer
librement, autant qu'il le désire, avec son client.
Dans sa note, Me. Naïm a rappelé à ce sujet les
termes du décret du 17 janvier 1995 réglementant la
gestion des prisons. Le décret en question stipule
clairement, souligne Me. Naïm, que l'avocat a le
droit de rencontrer autant qu'il le souhaite son
client, même en l'absence d'un garde de la prison, si
le condamné ou l'avocat en formule le désir. "
Depuis que j'assure la défense de M. Samir Geagea, a
souligné Me. Naïm, je n'ai pas pu conférer avec lui
plus de deux heures, ce qui est contraire à l'article
51 du décret susmentionné ". Me. Naïm précise
sur ce plan qu'il a préparé un projet de loi
amnistiant M. Geagea, mais il n'a pas été autorisé
à discuter de texte plus d'une demi-heure avec son
client, ce qui est contraire aux lois en vigueur. De
surcroît, le texte de ce projet de loi n'a pas été
remis à M. Geagea, ce qui constitue une violation des
conventions internationales, souligne Me. Naïm. En
conclusion Me. Naïm a protesté également contre le
fait que les avocats qui se rendent au ministère de
la Défense pour rencontrer leurs clients détenus à
Yarzé sont forcés d'attendre longtemps " debout
ou en voiture, sous le soleil ou sous la pluie, avant
d'être autorisés à conférer avec leurs clients
".
Pourtant,
de tous les horizons, des voix se sont élevées pour
réclamer la libération de Samir Geagea :
Le député
Walid Joumblatt (Druze du Chouf, Chef du PSP), le député
Nassib Lahoud (Maronite, du Metn), le député Ghattas
Khoury (Maronite, de Beyrouth, président de l'Ordre
des Médecins), le député sortant Jamil Chammas
(Syriaque Orthodoxe, de Beyrouth) la Ligue Maronite,
le député Albert Moukheiber (Grec Orthodoxe, du
Metn), le député Mikhaël Daher (Maronite, de
Akkar), le député Maurice Fadel (Grec Orthodoxe, de
Tripoli), le député Akram Chehayeb (Druze, de Aley,
responsable PSP), le député Salah Honein (Maronite,
de Baabda), le député Fares Souaïd (Maronite, de
Jbeil), le député Michel Pharaon (Grec Catholique,
de Beyrouth), le député Abbas Hachem (Chiite, de
Jbeil), le député Farid Al Khazen (Maronite, de
Kesrouan), le député Boutros Harb (Maronite, du
Batroun), Fouad Boutros (Ancien ministre), Georges
Hawi (Ancien Secrétaire Général du Parti Communiste
Libanais), Ghassan Salamé (Ministre de la Culture),
Ziad Rahbani (Artiste), Edmond Saab (Journaliste - An
Nahar), Samir Kassir (Journaliste - An Nahar),
Mohammad Abi-Samra (Journaliste - An Nahar), Bilal
Khbeiz (Journaliste - An Nahar), Jalal Khoury
(Artiste), Oussama Rahbani (Artiste), Ghassan Rahbani
(Artiste), Elias Khoury (Journaliste - An Nahar),
Abdelwahab Badrakhan (Journaliste - Al Hayat), Sateh
Nourreddine (Journaliste - As Safir), Wael Kheir
(Activiste - Droits de l'Homme), Samir Frangieh (Homme
Politique), Simon Karam (Ancien ambassadeur du Liban
aux EU), Nahla Chahal (Journaliste - Al Hayat)...
"ça",
la démocratie?
Au
Liban, commomérer les martyrs est interdit, en effet,
depuis la messe célébrée à Achrafieh le 14
septembre dernier à la mémoire du Président Béchir
Gemayel et ses compagnons et celle célébrée à
Mayfouk (Jbeil) le 17 septembre dernier à la mémoire
des martyrs des Forces Libanaises, les arrestations et
les interpellations dans les rangs des Forces
Libanaises n'ont cessé d'augmenter dans toutes les régions
du Liban. Nous citons les noms suivants à titre
d'exemple :
Nehmé
Sarkis Nemr, Joseph Philippe Ghreichi, Milad Youssef
Tawk, Ghandi Hanna Rahmé, Charbel Boutros Imad, Toni
Joseph Kayrouz, Charbel Youssef Tawk, Farah Hadchity,
Tony Said Tawk, Ghazi Geagea, Charbel Eid, Semaan
Sarkis, Tannous Eid, Joseph Ishak, Daniel Bou Chaiban,
Georges Zeina, Nabil Geagea, Emile Chebli, Marwan
Moubarak, Paul El Chaer, Carlos Ishak, Saliba Sakr,
Milad Assaf, Raymond Succar,Nabil Abou Chakra, Pierre
Boulos, Ramzi Irani, Georges Kaddis, Toni Merheb, Leba
Merheb, Toni Gebara, Youssef Dib, Leba Sayed, Elie
Touma, Chawki Karam, Paul Sfeir, Soubhi Andari,
Freddie Keyrouz, Charbel Zeina Rahmé, Charbel Boulos,
Charbel Nakhoul, Sleiman Chidiac, Elie Khalifé, Fadi
Abdessater, Nidal Maroun, Toni Hani, Toni Hbeiter,
Georges Hbeiter, Georges Dib Geagea, Sarkis Sakr, Ziad
Khoury, Boulos Nouh, Raymond Wadi, Sarkis Hachem,
Michel Fares, Boutros Boutros, Elie Touma Farah,
Joseph Abdo, Georges Alam, Béchara Tawk, Pierre
Karim, Vincent Sippo, Eddie Abillamah, Garo
Losararian, Fady Chamati, Charbel Abi Akl, Salman
Samaha, Fady Sayegh, Tony Sayegh, Michel Sippo, Fares
Traboulsi, Raphael Abboud, Dany Mizher, Tony Salamoun,
Wael Nahas, Jawad Daou, Chadi Aoun, Emile Moukarzel,
Elie Abdo, Pierre Adam, Chamoun Fayad, Elie Tarantic
et Ghassan Azouz, Toni Jalkh, Ibrahim Dik, Dani
Gholam, Rodni Assouad, Roni Dagher, Maher Nassar, Elie
Jannine, Elie Makhoul, Toufic Ferzli, Bachir Tamer,
Sabeh Harb, Georges Chidiac, Roger Kouyoumjian, Jo
Fakhri, Youssef Touma Fakhri et Milad Succar.
Le plus
grand souci des autorités libanaises est de réprimer
les opposants libanais et de traquer les militants
sans autre chef d'accusation que leur appartenance
politique. Les services de renseignements incitent les
militants à s'engager par écrit à cesser toute
activité après leur interpellation, ces agissements
policiers vont à l'encontre de tous les principes et
de toutes les lois et n'ont pas leur pareil même dans
les Etats totalitaires.
Sur ce,
nous demandons à la France d'intervenir rapidement
pour mettre fin à ces exactions et agir auprès des
autorités libanaises afin d'arrêter la campagne de répression
et d'oppression.
Les détenus
Libanais dans les prisons syriennes
Il y a,
dans les prisons syriennes, un grand nombre de détenus
libanais (168), dont le seul crime est d'avoir foi
dans le Liban, d'une manière qui est, sans doute, en
contradiction avec certaines croyances et avec la
politique syrienne vis-à-vis du Liban. Ces personnes
innocentes ont été détenues et emprisonnées par
les forces syriennes déployées au Liban, qui ont
ainsi outrepassé leurs attributions, à tel point que
leur comportement constitue une atteinte flagrante à
la souveraineté de l'Etat et de la Justice libanaise,
sans oublier que ceci constitue un défi à l'essence
du Liban et à sa raison d'être. Il s'est avéré que
la foi, au nom de laquelle se poursuit la détention
de ceux-ci, se réclame de la considération que
l'homme est libre de croire ou de ne pas croire, de
changer de croyances, selon ses propres convictions,
quand il le veut et de la manière dont il le veut. Il
est inutile de rappeler que c'est en vertu de cette
liberté que le Liban a vu le jour. Au moment même, où
nous estimons étrange cette atteinte à la raison d'être
du Liban, nous estimons plus étrange encore le fait
qu'on recoure à la violence et à la torture, pour
contraindre les gens à modifier leurs opinions
politiques, ou pour se venger d'eux, à cause de leurs
appartenances politiques. Il y a, en cela, un défi
flagrant à toutes les valeurs humaines.
Bien que des mois et des années se soient écoulés,
après ces détentions arbitraires, les autorités
"libanaises" compétentes, qui se doivent de
protéger ces valeurs, n'ont entrepris quoi que ce
soit, qui puisse donner à penser qu'elles sont
concernées par cette affaire. Au contraire, elles
niaient perpétuellement la présence de détenus
libanais vivants en Syrie, alors qu'une source
officielle syrienne a reconnu depuis un mois la présence
de "moins de cinquante" détenus libanais en
Syrie.
Les
parents de détenus cherchaient à rencontrer le président
de la République, le général Emile Lahoud, pour que
leur cause soit enfin reconnue officiellement par les
autorités libanaises, mais il a refusé de les
recevoir jusqu'à présent.
Nous
sollicitons, une intervention rapide et déterminante
dans cette affaire, de manière à garantir la libération
de ces détenus, leur retour dans leur patrie et parmi
leurs siens, dans les plus brefs délais possibles.
Le
nouveau gouvernement libanais
Le
processus de formation du Cabinet s'inscrit dans le même
cadre que celui des "prétendues" élections
législatives. Il est évident que chaque ministrable
a besoin de l'approbation de Damas pour être nommé.
D'autre
part le gouvernement Hariri n'est ni un gouvernement
de reconciliation nationale, ni un gouvernement qui
peut établir l'état de droit, preuve est :
- Le
retour de Fouad Siniora au ministère des Finances
alors qu'il fait toujours l'objet d'une enquête
judiciaire pour dilapidation de fonds publics.
- La transmission d'un ministère de père en fils,
notamment au niveau du ministère de l'intérieur avec
la nomination de Elias Murr fils de Michel Murr.
- La formation d'un cabinet élargi de 30 ministres
(bientôt 32) pour doser le partage des portefeuilles
entre le président de la République, le premier
ministre et le président de l'assemblée.
- L'absence totale de représentativité politique chrétienne
que ce soit au niveau des partis (FL, PNL, CNL, BN,
Kataëb...) ou au niveau des personnalités politiques
indépendantes (Nassib Lahoud, Fouad Boutros, ....).
- La nomination de Ali Kanso ( Chef du PSNS) comme
ministre de travail et de Abdelrahim Mrad (Union
Socialiste Arabe) comme ministre de l'Enseignement supérieur
a une grande signification notamment pour faciliter
les formalités aux travailleurs et étudiants
syriens.
Messieurs,
La présidence
française de l'UE est un atout pour le Liban, Paris
ne doit épargner aucun effort pour donner à cette présidence
française toute la dimension qu'elle mérite et
toutes les chances de succès.
Dans le
cadre du partenariat euro-méditerranéen, la France
peut agir sur les différents axes suivants:
1-
Demander au Liban de mettre en application les
recommandations du rapport général du secrétaire général
de l'Onu Kofi Annan sur la Finul, sous peine de
reconfigurer la présence des Nations Unies au
Liban-Sud.
2- Mettre en application le programme MEDA Démocratie
en exigeant des autorités Libanaises et Syriennes de
développer et de consolider la démocratie, l'Etat de
droit et le respect des droits de l'homme et des
libertés fondamentales. Ceci se traduit notamment
par:
a-La libération de Samir Geagea et ses compagnons.
b-La réhabilitation politique et juridique du parti
des Forces Libanaises et la reprise de son activité
politique et son rôle national.
c-La libération des prisonniers libanais en syrie.
d-Le retour de tous leaders politiques au Liban.
e-L'arrêt définitif de la campagne d'arrestations et
d'interpellations menée contre les opposants.
f-La formation d'un véritable gouvernement d'union
nationale qui n'exclut aucun parti.
Messieurs,
Nous
avons résisté de nombreuses années, où nous avons
affronté les épreuves, les ennemis, qui convoitaient
notre terre, et ceux, qui étaient déterminés à
liquider notre civilisation. Nous persévèrerons dans
notre résistance, forts de la légitimité de notre
cause et du soutien des amis du Liban.
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