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INTRODUCTION
Le Liban actuel
qui se présente à nous n’est pas le pays que
nous avons connu. Sans la souveraineté, la
justice et la liberté, c’est un Liban sans âme
qui s’offre à notre regard. Le régime en place
s’évertue à déployer des efforts titanesques
pour dorer son blason et asseoir sa crédibilité.
Peine perdue car nul n’est dupe !
A l’antipode de
l’état actuel des choses, le Liban représentait
jadis pour son entourage un modèle de liberté,
de tolérance et de pluralisme culturel.
C’est ce Liban qui
s’identifie à l’image de Charles Malek co-fondateur
de la Charte Universelle des Droits de l’Homme;
c’est ce même Liban qu’évoque Malek en le
définissant par le principe de l’Homme Libre:
« Deux mots
résument l’unicité du Liban : L’Homme et la
Liberté.
Nulle part au
Moyen et Proche Orient, la dignité humaine n’est
aussi authentiquement respectée par la loi et la
tradition, nulle part la liberté dans ses
dimensions fondamentales n’est aussi
authentiquement comprise et pratiquée, comme au
Liban.
A la question
qu’est ce que l’Homme, la réponse est : l’Homme
est ce que la Déclaration des Droits de l’Homme
dit qu’il est.
Jamais dans
l’histoire une définition pareille de l’homme
n’a été donnée.
Ainsi quand la
Déclaration dit que l’Homme a un droit
quelconque, elle exprime l’opinion non pas de
telle ou telle région, ou culture, ou tradition
nationale, mais simplement l’opinion de toute
l’humanité. Dans la Déclaration, l’Homme parle
de lui-même.
Nous sommes donc
en possession d’un critère donné, objectif,
unique, fiable, le mieux disponible et qui nous
permette de mesurer la teneur en Homme qu’il y a
dans chaque être humain, ou peuple, ou pays, ou
nation, ou culture, ou tradition...
Posé dans la
balance de ce critère, le Liban se démarque de
son entourage moyen oriental et démontre son
unicité. Dans notre région, et probablement bien
au delà, les Droits de l'Homme énoncés dans la
Déclaration ne sont pas existants, reconnus et
appliqués comme au Liban.
Je ne donne que
deux exemples :
L’article 2
stipule ce qui suit : Chacun peut se prévaloir
de tous les droits et de toutes les libertés
proclamés dans la présente Déclaration, sans
distinction aucune, notamment de race, de
couleur, de sexe, de langue, de religion,
d’opinion politique ou de toute autre opinion,
d’origine nationale ou sociale, de fortune, de
naissance ou de toute autre situation….
La dignité humaine
appartient donc à l’essence de l’Etre au Liban.
L’article 18
stipule ce qui suit : Toute personne a droit à
la liberté de pensée, de conscience et de
religion ; ce droit implique la liberté de
changer de religion ou de conviction ainsi que
la liberté de manifester sa religion ou sa
conviction, seule ou en commun, tant en public
qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques,
le culte et l’accomplissement des rites .
Une fois encore la
dignité humaine a l’air d’appartenir à l’essence
de l’Etre au Liban.
L’humanisme que le
Liban comprend, reconnaît, et pratique – au
point où cela place le Liban à part de tous les
pays et toutes les cultures du Proche et Moyen
Orient – est l’humanisme de la Déclaration.
Parlons maintenant
de la Liberté; l’Homme et la Liberté vont de
pair . L’Homme sans la liberté responsable n’est
pas un homme. Il serait un esclave et non plus
un homme. Il serait homme en potentiel, une
promesse d’homme.
Il y a d’abord la
liberté d’expression – sans crainte qu’une
opinion contraire à celle officiellement adoptée
ne vous précipite derrière les barreaux. Il y a
la liberté de la presse – pas de censure, pas
d’orientation inspirée. Il y a la liberté de
l’association, des rassemblements, des partis
politiques….
La liberté de
déplacement à l’intérieur des frontières tout
comme à leur travers, dans les deux sens.
L’opportunité de chercher la vérité là où elle
pourrait être – pas de barrières d’ordre social,
ni politique, ni psychologique, ni idéologique…
La liberté du
droit à l’erreur, seulement quand l’erreur ne
détruit pas la plénitude des dimensions de la
liberté. Les traditions différentes à estimer et
à défendre. Les institutions libres, chacune
avec son caractère indépendant et ses lois. La
liberté d’entreprendre sujette uniquement aux
contraintes de la justice.
La liberté et
l’intimité de l’individu et de la famille sont à
respecter. La liberté de la pensée, de la
conscience, de la religion, et de l’adoration.
La liberté du choix et de la créativité au
niveau de la pensée et de l’art sujette à des
normes indépendamment déterminées.
Il y a donc ce que
Saint Paul appelle La Liberté glorieuse des
enfants de Dieu.
La liberté n’est
pas une idée, la liberté c’est les gens libres ;
la liberté est alors la société des libres. Pour
trouver la liberté, il faudrait chercher là où
des sociétés libres existent ou ont existé.
Dans la liberté il
y a la joie et le rire. Là où la joie et le rire
manquent, quelque chose dévore l’âme humaine.
Tout cela est
sujet à une loi supérieure qui détermine les
obligations, la principale obligation étant la
considération et le respect mutuels.
Il s’en suit que
le totalitarisme et la liberté sont
contradictoires.
Aucun terme ne
résume l’essence distincte du Liban mieux que la
Liberté et l’Homme .
Hélas, ce Liban
n’est plus !
Le Liban
d’aujourd’hui est loin d’être un pays de liberté ;
l’Homme, non pas seulement n’y est pas libre,
mais il subit l’oppression, l’injustice et la
tyrannie…
« La
liberté n’est pas une chose dont on vous fait
cadeau (…) On peut vivre en pays de dictature et
être libre : Il suffit de lutter contre la
dictature. L’homme qui pense avec sa tête à lui
est un homme libre. L’homme qui lutte pour ce
qu’il croit juste est un homme libre (…) On ne
va pas mendier sa liberté aux autres. La liberté,
il faut la prendre. »
Le Pain et Le Vin ,
chapitre I, trad. J. – P. Samson
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