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Les Forces Libanaises et le Droits de L' Homme.

 

La Triste Réalité des Forces Libanaises L'aspect politico-juridique Procedures Et Anti-Procedures Judiciares
Tortures Et Supplices Dr. Samir Geagea Conclusion
 

I - LA TRISTE RÉALITÉ DES FORCES LIBANAISES.


Cet exposé bref et condensé se veut un constat poignant des diverses étapes de la campagne de violation des Droits de l’Homme, et d’oppression politique, que le pouvoir Libanais avait déclenché à l’encontre des Forces Libanaises.


Prologue

Au début de la guerre au Liban, plusieurs partis politiques chrétiens se sont dotés de branches armées afin d’assurer la lourde tâche de défendre la communauté chrétienne et les régions restées « libres ».

Avec le temps, la situation se compliquait davantage ; la conjoncture politico-militaire devenait telle, qu’il était devenu impératif de transformer cette fédération de groupes armés en une institution, en un corps uni, professionnel, efficace et performant .

Les années passaient, et les responsabilités qui incombaient aux Forces Libanaises se multipliaient et se diversifiaient sans cesse : en tant que garant de la sécurité et de la liberté des chrétiens, et en tant que défenseurs de l’indépendance et de la souveraineté du Liban ; les Forces Libanaises étaient devenues à la fois un mouvement de résistance populaire, une armée professionnelle, un parti politique et une constellation d’organismes traitant les divers aspects de la vie quotidienne et assurant une panoplie de services vitaux dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement, du transport… bref ; dans tout ce qui relevait de la solidarité et de l’assistance.

En 1989, les Forces Libanaises ont participé au processus politique mis en place comme ultime tentative de dénouement pacifique de la crise Libanaise.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la décision des Forces Libanaises de dissoudre leur corps armé, de se démilitariser, et de se consacrer à l’action politique en tant que parti.

La Descente aux Enfers

Le document d’entente nationale signé à Taëf en 1989 , et grâce aux garanties régionales et internationales, devait marquer le début d’une nouvelle période dans l’histoire du pays ; une ère d’entente nationale et de dialogue entre les Libanais ; une nouvelle expérience de vie commune sur de nouvelles bases : la dissolution de toutes les milices (libanaises et autres) , la formation d’un gouvernement de réconciliation et d’entente nationales, l’application d’amnistie générale, l’organisation d’élections législatives démocratiques, la réforme des institutions exécutives et administratives, judiciaires et autres…

La philosophie et l’essence de ce compromis consistaient en une équation à deux éléments :

-Les réformes politiques : redéfinir l’équilibre institutionnel en réduisant largement les prérogatives du président de la république, en confiant la réalité du pouvoir exécutif au conseil des ministres, et en conférant à la Chambre des députés, et singulièrement à son président, une autorité accrue (volet interne, contribution chrétienne).

-Le retrait de toutes les forces armées étrangères (volet externe, contribution musulmane).

Malheureusement, et dans la pratique, c’est à la Syrie que revient respectivement la paternité militaire et politique de ce processus ; par conséquent l’application de l’accord a été sélective et taillée à la mesure des intérêts de la Syrie et de ses alliés ; ils se sont comportés en vainqueurs à l’égard des chrétiens à qui l’on a imposé le statut de vaincus !

Sur le plan militaire, la Syrie déploie au Liban 35 000 hommes, sans compter les agents des services de renseignement. Sur le plan politique, le président syrien Hafez El Assad a confié le soin de gérer le dossier libanais à son vice-président Abdelhalim Khaddam qui arbitre et gère les moindres divergences au sein des équipes dirigeantes libanaises ; aujourd’hui c’est à Bachar El Assad, fils du président syrien, qu’est confié ce dossier. Le tutorat de fait a, au demeurant, été juridiquement consacré par la conclusion le 22 mai 1991, du Traité de Fraternité, de Coopération et de Coordination entre le Liban et la Syrie, et dont certaines dispositions marquent explicitement la soumission de celui-là à celle-ci.

Par conséquent, la réconciliation et l’entente nationales n’ont jamais eu lieu ; les exemples à citer sont nombreux :

En effet, les Forces Libanaises ont auto-dissout leur corps armé alors que d’autres milices ont gardé leurs armes, comme les Palestiniens, le Hezbollah …

D’autres milices musulmanes et pro-syriennes ont procédé à cacher leur armement avec la complicité - passive ou active- des autorités officielles.

De même, il n’y a pas eu de retrait de forces armées étrangères ; le rassemblement des troupes de l’armée syrienne dans la plaine de la Békaa (dans un délai maximal de deux ans) n’a pas eu lieu ; au contraire, le déploiement armé syrien a atteint de nouvelles régions au sein même de l’ex-réduit chrétien.

Aussi, l’application de la loi d’amnistie générale a t-elle été sélective et non équilibrée, de façon à trouver un prétexte pour attribuer aux chrétiens, et surtout aux Forces Libanaises, toutes les atrocités de la guerre au Liban.

Cette manœuvre va être essentiellement utilisée par le régime, quelques années plus tard, en 1994, pour en découdre avec les Forces Libanaises devenues une force d’opposition politique beaucoup trop encombrante.

Les Forces Libanaises, et après avoir subi les sévices de la guerre, ont maintenant à payer et à répondre des crimes qu’elles n’avaient pas commis !

A noter aussi le décret tristement célèbre par lequel le gouvernement a accordé massivement la nationalité libanaise à plus de 350.000 étrangers, pour la plupart des musulmans syriens ; dans un pays qui compte 3.500.000 habitants, qui vient de sortir d’une guerre civile, et dont la répartition des pouvoirs repose sur un équilibre démographique et confessionnel très délicat, les conséquences d’une telle mesure ne vont pas tarder à se manifester ; en effet, les bulletins de vote de ces « nouveaux Libanais » vont jouer un rôle décisif et stratégique pour assurer l’élection des candidats proches du régime dans les législatives de 1992 et celles de 1996 largement boycottées par les chrétiens .

En marge de ce fait accompli, il est à noter que les autorités officielles compétentes politico-administratives se refusent à reconnaître aux émigrés libanais (de majorité chrétienne) leurs droits civiques et politiques.

Par contre, le régime s’est permis, pour des finalités politiques, de naturaliser « gracieusement » plus de 350.000 étrangers (majoritairement Syriens et musulmans ), sans compter leurs descendants !

De même, 27.000 Palestiniens et 12.000 nomades ont profité de la « générosité » du pouvoir libanais dans le domaine de la naturalisation.

Un autre dossier explosif reste en suspens, celui des déplacés ; il s’avère que le ministre chargé du portefeuille des déplacés n’est autre que le chef de la milice responsable des massacres perpétrés contre les chrétiens du Chouf et d’Aley, de leur exode, et de leur exil dans leur propre pays.

A l’heure où la majorité des déplacés chrétiens est toujours interdite de retour chez soi, les occupants illégaux des propriétés profitent des largesses infinies des caisses de l’Etat, sous prétexte de faciliter l’évacuation des lieux !

Le régime n’a même pas épargné, dans sa campagne méthodique contre les Forces Libanaises, les médias et les institutions actives dans plusieurs secteurs civils (santé, éducation, services…).

Les pressions politiques, financières ou autres, visent à fermer ses établissements ou à en assurer le contrôle. Parmi les exemples ont peut citer :

-L’école de Saint Anthony School :

La directrice de l’école Mme Izys El Daher a été contrainte de présenter sa démission.

-La télévision de la LBCI :

Vingt neuf personnes y travaillant ont été abusivement et injustement licenciées pour leur appartenance aux Forces Libanaises . Les journalistes de la chaîne, comme leurs collègues de la Radio du Liban Libre et de l’hebdomadaire Al Massira, ont reçu toute une liste de sujets politiques tabous à ne pas évoquer.

-Les Presses SLIA

-La mutuelle des Services Médicaux

-L’association caritative AUXILIA :

Le président de l’association Dr. Elie Choueifati a été plusieurs fois interpellé dans le but de répondre aux questions des interrogateurs portant sur les activités de l’association, ses relations avec d’autres associations caritatives locales et étrangères, ses sources de financement, les familles bénéficiaires…

Plusieurs permanences et locaux dépendant de l’association ont été fermés. Deux de ses responsables ont été interpellés à leur tour, Roula Tawil et Saïd Akhras ; deux autres ont été remerciés, Paul Andari et May Bérbéri.

-L’organisation des étudiants :

Le responsable de l’organisation Salman Samaha a été interpellé plusieurs fois pour livrer aux interrogateurs des informations concernant sa structure et son activité dans les établissements universitaires. Ils lui ont notifié l’interdiction totale de cette activité (pourtant solennelle et légale).

Nombre de responsables de l’organisation ont été arrêtés ou interpellés : Clovis Choueifati, Antoine Saad, Pascal Haddad, Antoine Abi Najm, Elias El Asmar…

-Les avocats de la défense :

Plusieurs avocats proches des Forces Libanaises ont été interpellés : Hanna Habchi, Rita Mallat, Jean Chidiac, Abboud El Bayeh…

D’autres ont subi des pressions indirectes, leur vie professionnelle a été menacée (bureaux, clients, dossiers).

Reste à signaler que le droit au rassemblement et à la manifestation n’est pas reconnu par les autorités officielles. Une décision gouvernementale le prohibe totalement, sauf qu’elle n’est appliquée qu’aux opposants chrétiens.

Bon nombre de partisans parmi l’immense foule ayant réservé au Pape Jean Paul II un accueil populaire exceptionnel lors de sa visite historique au Liban, ont été interpellés et maltraités pour avoir osé profiter de cette occasion pour descendre dans la rue et crier devant Sa Sainteté leur soif à la justice, à la liberté et à la démocratie.

Tout incident est un « bon prétexte » pour que les forces de l’ordre procèdent à des arrestations massives. C’est dans ce cadre que s’inscrit, par exemple, la campagne menée après le mitraillage d’un minibus syrien à Tabarja le 18 décembre 1996 ; des dizaines de jeunes gens appartenant aux diverses composantes de l’opposition chrétienne ont été arrêtés et torturés, dont plusieurs partisans des Forces Libanaises comme Michel Taouk, Mansour Taouk, Charbel Mattar, Elie Keyrouz, Fadi El-Chamati, Riad Semaan, Charbel Abi Akl, Michel Keyrouz, Antoine Abou Jaoudé, Fouad Abou Mosleh, Elie Hadchiti, Sami Rahmé, Antoine Bared, Pierre Dagher, Charbel Nakad, Roland Taouk, Atef Eid, Joseph Khater, Pierre El-Kozah, Jean Akouri, Pierre Jabbour, Nader Nader, Georges El Alam, Rony Haddad, Aghnatios El Alam, Nabil Abou Nasr, Georges Rahmé, Walid Sleimane, Georges Taouk, Tony Rahmé, Jean Khoury, Charbel Boulos, François Abi Tayeh, Georges Fayad …

Commentant les faits, le Patriarche maronite le Cardinal Sfeir a exprimé son indignation face aux « visiteurs de la nuit », et dénoncé « ces poursuites engagées contre les Libanais et qui leur donnent le sentiment d’être indésirables dans leur pays … alors que les droits de tout homme sont sacrés … notre société vit divisée, avec un vainqueur et un vaincu, un oppresseur et un opprimé ».

Même l’épouse du chef des Forces Libanaises, Mme Sethrida Geagea, n’a pas été épargnée quant aux pressions exercées par les forces de l’ordre. Son domicile est sous surveillance et son accès est barré par un check-point qui intimide les visiteurs obligés de décliner leur identité, ce qui permet leur interpellation ultérieurement.

Le déchaînement contre les Forces Libanaises:

A partir de 1992, la campagne menée par le régime contre les Forces Libanaises commence à revêtir un aspect de plus en plus agressif, méthodique, et ciblé…

En fait, les Forces Libanaises, vu la politique revancharde et partisane du régime, assume complètement leur rôle de principale force d’opposition politique… Leur commandant en chef Samir Geagea refuse de rallier le gouvernement ; son refus du portefeuille ministériel est un signe de protestation contre l’attitude du régime reniant totalement les principes de la réconciliation et de l’entente nationales.

Depuis, Samir Geagea ne va pas arrêter – malgré les pressions énormes – de réitérer la nécessité, voire l’urgence de revenir à ces principes pour les appliquer dans tous les domaines, notamment ceux de la souveraineté, de l’équilibre national intérieur, des droits politiques, des libertés individuelles…

Dans son entreprise de transformer les Forces Libanaises en un parti politique qui soit à la hauteur du rôle joué durant la guerre, Samir Geagea a mis en place une nouvelle méthode scientifique et moderne. Cette action a été engagée sur quatre axes principaux :

  • La création d’une « Ecole de Cadres Politiques » chargée de fournir aux futurs responsables du parti une formation « académique » dans les domaines des sciences politiques, de l’histoire, de la sociologie, du droit et des relations publiques…
  • La formation de plusieurs comités chargés de réexaminer, d’élaborer, et de rédiger les concepts politiques propres aux Forces Libanaises.
  • La conclusion du règlement intérieur s’est accompagnée d’un processus complexe et exhaustif de restructuration, de sorte que les Forces Libanaises adoptent définitivement le cadre d’un parti politique.
  • Sur le plan « horizontal », la nouvelle organisation s’est traduite par la formation de structures locales (régions, permanences et cellules), dans le souci d’une hiérarchie rigoureuse et efficace.

Evidemment, la constance de cette ligne politique finira par coûter cher, très cher, aux Forces Libanaises et à Samir Geagea en personne !

Pour astreindre les Forces Libanaises au silence et à la soumission, le régime et ses alliés ne vont pas hésiter à leur adresser des messages des plus sanglants ; quatre responsables appartenant aux Forces Libanaises ont été successivement assassinés : Elie Daou (Kfarchima), Sami Abou Jaoudé ( Jal El Dib), Nadim Abdennour (Achrafieh) et Sleiman Akiki (Kfardhebian).

En septembre 1992, un autre proche de Samir Geagea, Boutros Khawand , est enlevé en face de son domicile à Sin El Fil ; depuis son sort est demeuré inconnu.

La disparition de Khawand a été relatée par plusieurs organisations internationales de Droits de l’Homme dont Human Rights Watch qui a écrit à ce sujet : « Khawand a disparu le 15 septembre 1992, à 500 mètres de chez lui à Sin El Fil, région contrôlée par l’armée syrienne. La voiture de Khawand a été interceptée par un groupe armé de 24 personnes, habillées en civil mais avec des bottes militaires ; le groupe est arrivé sur place dans trois voitures, dont une BMW et un mini- bus de couleur rouge…. ».

Amnesty International rapporte en janvier 1999 qu’un ex-détenu libanais a informé la famille de Khawand de la présence de ce dernier dans la prision syrienne de Adra.

De 1992 jusqu’en 1994, beaucoup de permanences et de locaux ont fait l’objet de rafles sporadiques et violentes ; le pain quotidien des partisans, des sympathisants, et des proches des Forces Libanaises est devenu l’arrestation et la détention illégales et à répétition.

Pour augmenter la dose et hausser le ton du message, des permanences ont essuyé des tirs de coups de feu et des projectiles explosifs pendant les réunions ; des arrestations massives - toujours illégales et non justifiées – sont organisées par les forces de l’ordre, comme en Achrafieh où quarante étudiants ont été arrêtés lors d’une réunion dans leur permanence.

Le 25 juillet 1992, des troupes de l’armée ont encerclé et investi le quartier général des Forces Libanaises à la Quarantaine ; le lendemain Samir Geagea et ses compagnons ont été contraints de quitter les lieux pour élire domicile – politique – à Ghédras en dehors de la capitale Beyrouth. A son tour, ce substitut de quartier général a été en état de siège le 10 mars 1994 ; le 21 avril 1994, les troupes de l’armée l’ont envahi pour procéder à l’arrestation de Samir Geagea.

L’attentat de l’Eglise :

Le 27 février 1994, et pendant la célébration de la messe dominicale à l’église de Notre Dame de la Délivrance à Zouk une charge a explosé faisant dix morts et plusieurs blessés. L’état de choc général sombra les chrétiens de Liban dans un désarroi absolu.

Le Commandant en Chef des Forces Libanaises a tenu, le lendemain, une conférence de presse pour rappeler le droit du citoyen à la sécurité, et pour demander aux autorités officielles d’assumer leur responsabilité et leur devoir.

A partir de ce moment, une large campagne médiatique a été orchestrée et déclenchée afin d’accuser les Forces Libanaises d’être les responsables de l’horrible attentat.

Le 10 mars, l’armée établit un blocus hermétique tout autour du quartier général des Forces Libanaises, surtout pour en interdire l’accès aux journalistes et aux visiteurs (individuels ou en foule).

Le 23 mars, le gouvernement se réunit en séance exceptionnelle et décide de :

  • dissoudre le parti des Forces Libanaises et le déposséder de tous ses biens matériels (qui vont être confisqués et saisis par l’armée).
  • interdire aux médias audiovisuels toute diffusion de programmes politiques ; de journaux télévisés et de bulletins d’informations ;

Il est à signaler que ces décisions ne correspondent – évidemment – à aucune loi en vigueur, ni à aucune procédure ou aucun texte juridiques !

Comme par hasard, ces décisions précèdent et anticipent sur toutes les démarches que la justice est censée accomplir (investigation, interrogation, jugement, décision) !

Quelques heures après, Fouad Malek, ex-chef d’état - major et président du comité directeur du parti, est arrêté et détenu dans les sous- sols du ministère de la défense ; ces mêmes sous sols qu’ont connus des milliers de partisans des Forces Libanaises durant les quelques dernières années : certains en sont sortis broyés ; d’autres y sont encore, et quelques uns y ont laissé leur vie… Ces mêmes sous-sols où Samir Geagea est détenu depuis le 21avril 1994 en internement cellulaire.

Le lendemain de la prononciation du verdict innocentant le chef des Forces Libanaises de l’attentat contre l’église de Zouk, l’éditorialiste de l’Orient - Le Jour (journal libanais d’expression française, tiré à grande diffusion) écrit :

« Dès le premier instant, le bon sens populaire ne s’y est pas trompé, qui ne voyait dans l’affaire de l’église de Zouk qu’un coup monté, exploité sans vergogne à des fins politiques ; mais que pouvait-il, le simple bon sens, face à aussi redoutable machine à broyer ?

Dans ce semblant de république – pitoyable produit de quinze années de guerre fratricide, de malheurs, de souffrances et de sacrifices mêlés à de folles espérances en un Liban meilleur – Samir Geagea était devenu un anachronisme gênant, et il ne restait d’autre solution que de s’en débarrasser . Samir Geagea ne s’était jamais résigné à se taire, seule voix discordante – et parfois même menaçante – au sein d’une classe politique subjuguée, homogénéisée, enfin unifiée dans ses allégeances et obédiences, psalmodiante, bêlante. « Oh si seulement il avait accepté ce ministère d’Etat, tout aurait pu être différent » : aussi scandaleuses – et significatives – que cette benoîte confidence à laquelle se laissait aller un haut responsable sollicité par la famille de Geagea, auront été les discrètes offres de voyage multipliées en vain au leader des F.L. alors même que le piège commençait à se refermer sur lui… »

Avant de passer au chapitre suivant, où sont dénoncées les méthodes et les machinations utilisées par les services de renseignement du régime pour fabriquer « les dossiers » et extorquer des « aveux » aux détenus, il est indispensable de s’attarder sur les éléments suivants :

-L’attentat de l’église de Zouk a été à l’origine de la décision du Vatican d’annuler la visite du Pape

Jean Paul II au Liban en 1994 ; cette visite a eu lieu trois ans après.

-Les sous-sols du ministère de la défense à Yarzé n’ont jamais été un établissement pénitentiaire ou un lieu d’incarcération officiels et légaux ; une décision de la part du ministre de la défense les a baptisés tels.

-Pour confirmer le caractère exclusivement politique de l’affaire Geagea, il suffit de se rappeler que ce dernier a catégoriquement refusé d’écouter les messages qui lui ont été adressés par plusieurs hauts responsables officiels, lui « conseillant » de quitter le pays « tant que cette opportunité lui est offerte pour le moment »…

Parmi ces responsables on peut citer, à titre d’exemple, le nom de Michel Murr , vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur. De même Elias Hraoui, président de la république (à l’époque) n’a t-il pas répété à maintes reprises et solennellement, en réponse à des questions journalistiques ou politiques concernant Geagea:

« qu’est ce que vous voulez que je lui fasse … il n’a pas voulu marcher… il a refusé tous les postes ministériels qui lui avaient été proposés ? ! ».

« Quand une seule victime ne peut obtenir justice, chacun doit s’attendre à être le premier à subir ensuite ces outrages ».

Demosthène (contre Midias)

 

 

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